Projet Vasco da Gama – Formation & Education Maritime pour soutenir la Croissance Bleue

//Projet Vasco da Gama – Formation & Education Maritime pour soutenir la Croissance Bleue

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La Conférence des Régions Périphériques Maritimes d’Europe a organisé, le 1er mars, au Comité économique et social à Bruxelles, la conférence finale du projet Vasco da Gama TGSMT (Training for Safer and Greener Maritime Transport – Formation pour un transport maritime plus durable et plus sûr) cofinancé par la Commission européenne DG MOVE/ DG MARE. Le projet Vasco da Gama s’inscrit dans le cadre d’une initiative politique lancée par la CRPM en 2010 et visant à améliorer les programmes d’éducation et de formation ainsi que la mobilité des étudiants, professeurs et travailleurs dans le domaine du transport maritime. Ce projet représentait une réponse aux lignes directrices de la communication de 2009 de la DG MOVE sur les « Objectifs stratégiques et recommandations concernant la politique du transport maritime de l’UE jusqu’en 2018 » et qui fera l’objet d’un bilan dans les mois à venir.

Lors de l’ouverture, Pierre-Jean COULON, Président de la section Transport, Energie, Infrastructure et Société de l’information, au Comité économique et social, a tout de suite mis l’accent sur le fait « qu’il s’agit d’un devoir pour l’Europe de répondre aux besoins, notamment en termes de mobilité, des jeunes qui souhaitent entamer et mener des carrières maritimes ». A ce sujet, en insistant sur le besoin d’assurer de la part des programmes de mobilité européens une attention spécifique en faveur des carrières bleues, il a même suggéré un « Erasmus + + Maritime ».

Eleni MARIANOU, Secrétaire Générale de la CRPM, a précisé que « le projet Vasco da Gama n’est qu’une première étape d’une mobilisation menée par les Régions en faveur du développement durable du transport maritime européen. Dans ce contexte, la CRPM ne se limitera pas à des sujets comme l’amélioration des compétences dans le domaine de la sûreté et du transport maritime « plus vert » mais elle mettra à contribution son expérience pour élargir son champ d’action et intégrer d’autres filières (émergeantes ou déjà affirmées) appartenant à l’univers de l’économie bleue. Cependant pour que cela soit réalisable, elle a insisté sur le fait qu’il faut « renforcer les synergies entre les Régions, les universités et les académies ainsi que les armateurs et les autres représentants des entreprises maritimes européennes ». La future identification et le développement des compétences bleues passent par la mise en place d’un partenariat stratégique qui puisse valoriser les actions et les pouvoir des Régions en matière d’éducation et formation.

Isabelle THOMAS, Membre du Parlement européen, a souligné dans son intervention l’importance de la formation pour supporter la croissance bleue, « la formation est l’un des investissements les plus rentables ». Cependant, « elle doit être multi-acteurs et faire preuve d’adaptabilité et de souplesse face aux innovations et avancées technologiques ». Enfin, elle a présenté sa vision, affirmant que « l’Europe maritime n’existe pas et nous en avons besoin ».

Les leçons apprises et les recommandations après deux ans et demi de collaboration et d’actions dans le cadre du projet ont été présentées, Jean-Pierre CLOSTERMANN de l’Ecole Nationale Supérieure de la Marine a souligné que « les étudiants sont très enthousiastes à la fois pour la dimension multiculturelle et les enseignements techniques sur simulateurs ». Il a proposé des recommandations, en effet « des barrières administratives, qui empêchent les échanges entre les élèves, doivent encore être surmontées. Il faudrait également trouver des solutions techniques qui puissent contribuer à une baisse des prix de marché tout en permettant aux établissements d’enseignement et de formation d’avoir un plus large accès aux derniers équipements de pointe dans le domaine de la simulation ». Sur la question environnementale, « les étudiants doivent pouvoir comprendre l’impact environnemental des activités de transport maritime, la gouvernance maritime, gagner en bonnes pratiques et considérer l’impact environnemental dans les processus de prise de décision à bord » a expliqué Merijn HOUGEE, Directeur, représentant le « Clean Shipping Index ». Le Capitaine Hubert ARDILLON, Président de la Cesma (Confederation of European shipmasters’ associations) a rappelé l’importance de la dimension humaine, « mixer les différentes nationalités dans la même école pour améliorer la capacité d’adaptation des étudiants, leurs compétences en anglais et mieux comprendre le facteur humain ».

Pierre KARLESKIND, Vice-Président de la région Bretagne, a soulevé la question de l’attractivité, « Il y a une relative méconnaissance des métiers de la mer – à part les métiers liés au tourisme côtier- et dès lors que les métiers sont embarqués ils sont relativement peu appréciés, pourtant il y a la nécessité de voir des jeunes arriver dans ces carrières ».

Les débats ont porté sur l’avenir d’une initiative Vasco da Gama (VDG) s’élargissant sur d’autres thématiques. La présentation des différentes propositions de projets spin-off Vasco da Gama par bassin maritime, a permis de cerner la diversité de ces futures actions.

Ainsi, en ce qui concerne la méditerranée, un projet « parapluie » inclura plusieurs propositions de projets visant en plus du transport maritime, les activités de la logistique portuaire et la gestion des produits dangereux ou le yachting professionnel, visant différents programmes tels qu’INTERREG, ou intégrées sous une approche de stratégie macro-régionale telle que l’EUSAIR, à travers son programme ADRION. En Atlantique, les Energies Marines Renouvelables, identifiées comme un secteur clé et prometteur pour la croissance bleue, feront partie de l’orientation thématique d’un futur VDG. L’académie navale de Varna en Bulgarie a présenté un projet qui sera proposé au programme de coopération transfrontalière de la Mer Noire, financé par l’Instrument Européen de Voisinage.  

Tiina PERHO, Conseillère, Conseil régional Sud-Ouest Finlande, a souligné « Aucun cluster régional ne peut travailler seul, nous devons continuer le dialogue international et interrégional pour rendre les Régions européennes plus spécialisées de façon intelligente. Chacun de nous a une stratégie de spécialisation intelligente prête, et il est temps de les mettre en action pour la Croissance bleue de l’Europe ». Dans le cadre d’une approche par bassin maritime, les Commissions Géographiques de la CRPM faciliteront donc grandement le travail pour instaurer les échanges nécessaires à la réalisation de ces projets spin-off.

L’évènement a également été l’occasion de la signature d’une convention entre la CRPM, représentée par sa SeIMG_1488crétaire Générale Eleni MARIANOU, et l’Université Aldo MORO de Bari, représentée par son recteur Antonio Felice URICCHIO. La convention entre la CRPM et l’université de Bari établira les relations entre les deux institutions tout au long des travaux qui mèneront à l’organisation d’une deuxième édition de l’université d’été Vasco da Gama qui aura lieu à Taranto (IT) en été 2017 (la première édition a eu lieu à Kalmar en Août 2015).

Alessia CLOCHIATTI, DG Mare, Commission européenne, a conclu l’évènement, « chaque projet spin-off a un potentiel pour décoller ». Elle a également précisé que « le lien public-privé est aussi quelque chose sur lequel la DG MARE va insister ». En effet, trois nouveaux appels à projets « Blue Careers » « Blue Labs » et « Blue Technology » viennent d’être lancés pour booster la croissance bleue, constitués d’une enveloppe de 7,5 millions d’euros – un info day sur ces appels aura lieu le 5 avril à Bruxelles. La CRPM mobilisera son réseau et soumettra des propositions de projets notamment dans le cadre des « Blue Careers » qui permettra non seulement de capitaliser sur l’expérience acquise dans ce projet pilote mais aussi d’approfondir l’angle formation/éducation maritime.

En parallèle à la conférence Vasco da Gama, la CRPM, dans le cadre de ses synergies avec le Parlement européen, a contribué à l’organisation d’un évènement qui a été accueilli par l’Intergroupe SEARICA. Cet évènement a permis la présentation d’une étude de faisabilité menée par SEA-Europe et IndustriALL Europe afin de préparer la mise en place d’un Conseil sectoriel des compétences dans le domaine des industries maritimes. Représentant la CRPM à cet évènement, Sébastien PILARD, Conseiller régional des Pays de la Loire, y a mis en avant les actions concrètes de la Région Pays de la Loire en matière de formation dans le domaine des industries maritimes, telles que Weamec et le programme Compétences 2020. La CRPM soutient la mise en place d’un Conseil européen des compétences dans ce domaine, qui est une des actions prévues par le rapport LeaderShip 2020.

Pour plus d’informations, merci de visiter http://www.vasco-da-gama.eu/

Secrétariat CRPM – Tel. + 33 2 99 35 40 63

2016-03-24T14:09:55+00:00