L’étude de la CRPM au centre des discussions sur le Fonds de prospérité partagée du Royaume-Uni

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Publiée en février 2019, notre étude majeure sur le financement théorique de la politique de cohésion du Royaume-Uni, s’il reste dans l’Union Européenne, était au cœur des récentes discussions sur le Fonds de prospérité partagée britannique (UKSPF) entre les députés et le gouvernement britannique, qui ont mis en évidence la nécessité pour le SPF de faire concorder ses estimations au moins avec celles de la CRPM.

Les estimations réalisées au début de cette année sur le montant théorique de la politique de cohésion britannique montrent que les régions britanniques recevraient 13 milliards d’euros au titre des futurs programmes de cohésion si elles restaient dans l’UE. Selon nos projections, cela représente 22 % de plus que le programme actuel 2014-2020, une augmentation qui s’explique notamment par les disparités régionales croissantes au Royaume-Uni. En effet, sept régions britanniques au total seraient classées comme « régions moins développées » au-delà de 2020 et pourraient donc bénéficier d’une aide communautaire encore plus importante.

Le gouvernement britannique a confirmé que le Fonds de prospérité partagée du Royaume-Uni remplacera les Fonds structurels de l’UE après le Brexit. Le premier débat national sur le Fonds de prospérité partagée du Royaume-Uni a eu lieu le 14 mai 2019 à la Chambre des communes.

Au cours du débat, plusieurs parlementaires ont chacun à leur tour fait référence à l’étude de la CRPM en appelant à la création d’un Fonds de prospérité partagée pour le Royaume-Uni dont la vocation serait de lutter contre les inégalités régionales, de favoriser la croissance économique et qui garantirait aux régions les plus défavorisées et difficiles de ne pas être pénalisées par le Brexit :

– Dan Jarvis, Membre du Parlement de Barnsley Central et Maire de Sheffield City Region, a ouvert le débat en demandant au gouvernement de garantir que le Brexit ne conduise pas à une perte du financement des régions britanniques après 2021. Il a également souligné que « certaines zones ayant un intérêt particulier pour les travaux de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes devraient connaître une augmentation proportionnelle encore plus importante : South Yorkshire, Tees Valley et Durham, Lincolnshire, sud de l’Écosse, parties de la périphérie de Londres, Cornouailles et les îles de Scilly, l’ouest du Pays de Galles et la région des vallées. »

–  Paul Blomfield, Député de Sheffield Central, mentionne que sur la base des recherches de la CRPM, le Yorkshire du Sud perdra 605 millions de livres sterling dans le processus et soutient qu’un montant égal de financement devrait être alloué aux régions qui se qualifient comme régions moins développées, même si certaines d’entre elles, ont voté le départ du RU de l’UE.

– Enfin, le député d’Inverness, Nairn, Badenoch et Strathspey et ancien Vice-président de la CRPM, Drew Hendry, a souligné qu’après des décennies d’investissement nul ou faible dans les Highlands et les îles d’Ecosse, cette région aurait finalement eu droit à 180 millions d’euros de fonds structurels européens. Il a ajouté que l’Écosse et ses régions ont voté en grand nombre pour rester dans l’UE et que le niveau de financement devrait être préservé au moins à son niveau actuel.

Le gouvernement britannique reconnaît les prévisions de la CRPM

La semaine dernière, le gouvernement britannique a également fait référence à la même étude de la CRPM. Le ministère britannique du Logement, des Communautés et des collectivités locales (MHCLG) a en effet répondu à une déclaration commune initiée par le Cornwall Council et rassemblant 10 dirigeants représentant les régions les moins développées du Royaume-Uni.

Dans cette déclaration, les régions britanniques ont demandé une nouvelle politique régionale ambitieuse grâce à un fonds de prospérité partagée britannique clair et avec un financement adéquat et, en particulier, pour corriger les inégalités entre les régions. Elles ont souligné la nécessité de redonner aux régions le pouvoir de décision et de garantir que le nouveau fonds corresponde au moins aux 13 milliards d’euros que les régions britanniques auraient reçus lors de la prochaine phase de financement européen, conformément aux projections de la CRPM.

Le MHCLG reconnaît, dans sa lettre de réponse à cette déclaration commune, qu’il est important de mettre en place un fonds de prospérité partagée clair pour le Royaume-Uni et qu’il s’attaquera aux inégalités régionales et aux régions marginalisées :

« La publication du récent rapport de la Conférence des régions périphériques maritimes reconnaît la nécessité de s’attaquer à ces inégalités et d’exploiter le potentiel économique de toutes les régions du Royaume-Uni, y compris Cornwall et les îles Scilly. »

Les dix dirigeants demandent instamment au gouvernement de publier la consultation attendue depuis longtemps sur le Fonds de prospérité partagée du Royaume-Uni.

Lectures complémentaires :

2019-05-23T10:46:23+00:00